M. Guiot, inspecteur d'académie de son état, disait ce matin sur France Inter que Bastien Cazals, fonctionnaire, doit exécuter les ordres qui lui sont donnés. En prenant l'argument suivant, comme pour s'en convaincre lui-même : est-ce qu'un pompier choisit l'incendie qu'il éteint ?
Mais OUI M. Guiot, car on ne demande pas à n'importe quel pompier d'éteindre n'importe quel incendie : certains ont des spécialités, pour les incendies difficiles, toxiques, de forêt, d'usine, etc. Tout comme chez les enseignants : pour les élèves en difficulté, il a été créé un Réseau d'Aide Spécialisé aux Elèves en Difficulté (le RASED).
Et puis, un pompier combattrait-il le feu s'il n'était pas correctement équipé pour le faire, exercerait-il son métier même par conviction (comme le fait Bastien) sans les outils appropriés lui permettant de mener à bien sa mission ?
NON, et vous avez raison M. Guiot, les pompiers, c'est comme les enseignants, des fonctionnaires dévoués au service du public. Mais encore faut-il qu'on les entende quand on leur impose d'aller à l'encontre de ce pourquoi ils se sont engagés.
SIGNEZ LA PETITION DE SOUTIEN A BASTIEN et aux enseignanst engagés dans la lutte contre les réformes Darcos !
Rejoignez le groupe Facebook !
Je relaie ici le communiqué du collectif "Que vive l'INJEP", (l'Institut National de Jeunesse et d'Education Populaire)
COMMUNIQUÉ :
LE GOUVERNEMENT VEUT RÉDUIRE
DE MOITIÉ LES EFFECTIFS DE
L'INJEP
L’hypothèse d’une mort annoncée de l’Injep se précise avec l’annonce,
faite à la direction de l’établissement par son ministère de tutelle, de
la réduction de près de la moitié de la masse salariale allouée à
l’institut d’ici la fin 2009.
Dans un courrier daté du 4 août, le ministère de Santé, de la Jeunesse,
des Sports et de la Vie associative (MSJSVA) a notifié en effet une baisse
de la dotation budgétaire allouée au personnel de l’établissement,
celle-ci passant de 4,1 millions, en 2008, à 2,2 millions d’euros en 2010.
Pour s'ajuster à cette nouvelle donne budgétaire, la direction de l’Injep
se voit contrainte d’envisager la suppression de la moitié des équivalents
temps-plein, soit environ 40 postes, d’ici décembre 2009.
Si la logique implacable qui préside à cette décision se poursuit, il n’y
aura plus de personnel à l’Injep en 2011.
En programmant la fermeture de cet établissement historique, le
gouvernement prend la responsabilité de rayer de la carte des politiques
publiques une pièce maîtresse de son action auprès des jeunes et des
associations. Cette décision nuira fortement au travail de tous les
professionnels de jeunesse et au secteur associatif dans son ensemble.
Elle offre un démenti cinglant à l’intérêt que le pouvoir dit porter aux
jeunes générations, à leur bien être, à leur avenir.
Le collectif des personnels « Que vive l’Injep ! », qui savait l’institut
menacé par la révision générale des politiques publiques (RGPP) et sa
logique purement comptable, est abasourdi par la brutalité de cette
mesure. En l’état, cette décision interdit tout avenir à l’Injep et promet
des conséquences sociales désastreuses. Le collectif appelle donc le
gouvernement, et le ministère de tutelle de l’Injep, à reconsidérer sa
décision en tenant compte de tous les effets induits.
Soutenez le collectif sur
http://que-vive-injep.blogspot.com
Les petites tactiques internes priment encore une fois sur les grands idéaux au parti socialiste. 6 motions, dont 3 qui se contentent de cacher (à peine) les ambitions de personnes et dont le seul enjeu est le partage des postes dans les fédés, eu BN et au CN. Bon j'exagère, mais à peine.
Parti simple observateur de ce congrès, je me suis finalement engagé derrière la contribution "Pour un Socialisme Ecologique", qui a le mérite, pour la première fois au PS, de mettre l'urgence écologique au même niveau que l'urgence sociale, et surtout d'en faire un véritable projet de société, et non une simple contribution thématique, ou un sous-chapitre relégué en annexe.
Convaincu que la catastrophe écologique vers laquelle nous nous dirigeons tout droit nécessite de transformer radicalement nos modes de vie, de consommation, de déplacements, de production et d'utilisation de l'énergie, à l'échelle nationale mais bien évidemment européenne et mondiale, j'ai fini par adhérer également à la motion présentée par le même groupe qui a porté la contribution.
Cette motion (la B), intitulée "Pour un socialisme résolument écologique" (d'ailleurs le titre ne me plait pas tellement, il est presque réducteur face à l'ampleur des enjeux), n'est pas une motion de témoignage. Elle est une motion de conviction, une motion de combat politique. Elle n'est pas, en premier lieu, au contraire d'autres motions, portée par un leader socialiste (d'ailleurs, on parle de la motion truc ou machin, mais pour la notre on indique son titre, ou on parle de la motion "écolo" : tant mieux !).
Cette motion ne présente pas (encore ?) de candidat au poste de premier secrétaire : là encore, il s'agit de faire entrer dans les consciences collectives de tous, adhérents, responsables locaux, nationaux, élus, qu'il est urgent et indispensable de prendre la crise écologique comme structurante et aggravante des crises sociales que nous vivons actuellement. Elle n'a de motivation que de convaincre sur le fond. Et que cette situation, avec laquelle il faut désormais compter, instaure une nouvelle donne pour le projet des socialistes.
Je vous invite bien sûr à la lire. Bientôt un site de campagne sera mis en ligne. Je vous invite également (et surtout) à vous rendre et à vous inscrire sur le site de campagne
---------------------
Et, écrits à ma manière ici, quelques éléments forts
La réponse à apporter est simple : il faut transformer radicalement notre mode de développement. Remettre en cause la seule croissance comme critère de développement, enfin prendre en compte l'épuisement des ressources naturelles fossiles, préparer l'après-pétrole, ne pas sacrifier au seul nucléaire comme alternative, sans non plus être naïf devant les capacités limitées des énerghies renouvelables, investir massivement et durablement dans la recherche, l'innovation et le développement, concentrer les efforts toujours et encore dans l'éducation, le numérique, bâtir cette société de la connaissance indispensable à l'épanouissement et à l'émancipation de chacun.
Instaurer une fiscalité écologique permettra de remplir plusieurs objectifs : faire véritablement prendre conscience de l'importance de la crise énergétique et climatique (et économique), répercuter le coût des pollutions et de la dégradation des espaces "naturels", financer les réformes nécessaires à la transformation de notre société. La fameuse taxe carbone doit être la mesure centrale de cette nouvelle fiscalité.
Consommer autrement, et non plus consommer comme nous le faisons depuis 60 ans, doit être une priorité : il faut inciter à l'économie, stopper le gaspillage, avoir une nouvelle approche de la notion de propriété individuelle, orienter l'industrie vers la (re)fabrication de produits durables et non jetables, recycler encore et toujours plus.
Résoudre la crise au niveau mondial est une évidence : à quoi cela servirait-il que la France (voire même l'europe) soit exemplaire et ait pris toutes les mesures nécessaires au règlement de la crise ébnergétique et climatique, si le reste du monde ne suit pas ? Notre rôle de socialistes bien sûr, mais tout simplement de citoyens du monde, et, chance que nous avons encore, de citoyens membres d'un Etat influent sur la scène politique mondiale, nous oblige à défendre ce nouveau modèle de développement dans ces instances ; à en créer d'autres : une Organisation Mondiale de l'Environnement est nécessaire ; à renforcer les mécanismes et les instances de régulation ; à lutter contre le sous-développement des uns et le sur-développement anarchique d'autres.
Ce nouvel ordre mondial devra être le salut de l'Humanité. Pour éviter que nos lendemains déchantent, notre devoir, face à l'urgence sociale et écologique, est de changer la vie, ici et maintenant.
De Geneviève Ferrone, aux éditions Grasset (février 2008). Je l'ai lu pour vous car je ne vous conseille pas de l'acheter : je n'aime pas le style mièvre et gentiment bébête qui prend les lecteurs pour des incultes en utilisant des métaphores infantilisantes. Alors d'accord c'est un livre de vulgarisation et de sensibilisation aux graves échéances environnementales, énergétiques, sociales et économiques, mais tout de même : le moindre lecteur un tant soit peu informé n'apprend pas grand chose, et, mis à part quelques chiffres choc et de clairs et facilement accessibles exposés de ce qui va nous tomber nous tombe déjà sur la tête dans pas bien longtemps, rien de bien neuf sur le sujet.
Résumé :
Le ton alarmiste n'est pas éxagéré, car - je suis par contre en tous points de vue en accord avec ce qu 'écrit l'auteur - il est de plus en plus avéré que nous sommes entrés dans une course contre la montre, engagée face au dérèglement climatique qui s'installe sur la Terre, sous bien des aspects par notre faute :
- l'augmentation des gaz à effet de serre dans notre atmosphère est en grande partie dûe à l'Homme : parmi ces gaz le CO2 (dégagé en quantité massive en raison de la combustion des énergies fossiles) est celui qui influe le plus sur le renforcement de l'effet de serre naturel.
- Le climat de 2030 offre une situation tout à fait inédite : à la confluence de la diminution (voire la dispartion pour certains) des resources d'énergie fossile ('pétrole, gaz, un jour charbon), et de l'inefficacité non encore comblée des énergies renouvelables, l'augmentation même faible (de 1,1 à 4°C) de la température moyenen de la planète envisage des climats régionaux bouleversés, avec des conséquences catastrophiques pour de nombreuses sociéts humaines.
- La raréfaction des ressources naturelles n'est rien par rapport à la course contre le temps qui est engagée : le temps devient l'élément le plus rare et chaque année passée à ne rien faire ou presque peut être fatale et compromettre la réussite de cette épreuve pour l'Humanité, qui l'engage dans sa simple survie.
- La question de la crise énergétique, si elle est largement impliquée dans la question climatique, doit être réglée séparément : en effet, le remplacement des énergies fossiles (dont l'épuisement est programmé) par de nouvelles sources plus propres et renouvelables prendra du temps, et le solaire, l'éolien, la biomasse ou l'hydroélectrique ne peuvent techniquement se substituer. La question du nucléaire, malgré les problèmes de ses déchets, doit aujourd'hui être vue comme un moindre mal, avec lequel il faut compter en y voyant même un allié dans la lutte contre les gaz à effet de serre.
(article non terminé, à suivre prochainement)
2030, le krach écologique
Grasset, 2008
-----------------------------------
Par contre, j'ai lu mais pas pour vous, car je vous invite à le lire : Une brève histoire de l'avenir, de Jacques Attali. Et je le prête il suffit de m'appler ou m'envoyer un mail.
Le Pôle Ecologique du PS a travaillé sur degré de convergence avec la contribution "Pour un socialisme écologique" avec chacune des contributions déposées en vue du congrès du PS à Reims en novembre prochain.
Travail très intéressant que je vous invite à lire, et à faire lire.
Où vous verrez qu'aucune contribution ne prend véritablement en compte la nécessité d'entreprendre toute action politique en connaissance de l'impact environnemental et énergétique qu'i produira sur notre société. Où vous verrez aussi que la contribution du PSE n'est PAS une contribution thématique, dans le sens où l'écologie doit désormais, c'est un impératif ! être au coeur de toute action poilitique, de tout projet de société.
Bonne lecture !
(SI vous souhaitez le document PDF, envoyez-moi une demande par mail)
http://poleecologiquedups.typepad.fr/
Analyse des générales
à partir du référentiel constitué par la contribution
« Pour un socialisme écologique »
Sommaire
.......................................................................................................................................... 1
Le contexte et le sens de la démarche d’évaluation suivie.............2
Les principales conclusions de l’étude réalisée..............................2
Aucune contribution ne présente de très fortes convergences avec la
contribution PSE ................................................................................................ 2
Réparties sur une échelle de A à G, 8 contributions atteignent le barreau E
témoignant de certaines convergences avec la contribution PSE ................ 2
Les 8 contributions cotées E prennent en compte les marqueurs du pôle
écologique et 5 d’entre elles sont « structurantes » ....................................... 3
3 marqueurs du pôle délimitent l’espace minimal de convergence constaté4
Annexe 1 : Une méthode d’analyse concertée.................................6
Annexe 2 : Mapping des contributions sur les classes E, F et G....7
Annexe 3 : Bref récapitulatif du traitement de la crise écologique
dans les principales contributions....................................................8
Annexe 4 : Quelques citations sur la croissance et le mode de
développement .................................................................................12
Le contexte et le sens de la démarche d’évaluation suivie
A l’heure où le PS s’apprête à vivre une recomposition rendue possible par le changement annoncé
de 1er secrétaire, les lignes bougent en son sein. Si « le vieux » peine à céder la place au « neuf », il
n’en demeure pas moins que les « familles » qui ont structuré la vie du PS depuis le début des
années 90 s’apprêtent à céder la place à un nouvel agencement des réseaux qui composent
aujourd’hui le principal parti d’opposition.
Pour la première fois, une contribution générale proposant de reformuler la promesse et le
projet socialiste à partir de la prise en compte simultanée des crises écologique, climatique,
énergétique, alimentaire est apparue dans le paysage du PS français. Cette contribution, portée
par le pôle écologique du PS, constitué en janvier dernier par des élus, des cadres et des militants
socialistes de diverses régions et sensibilités, poursuit un objectif principal : pousser le plus loin
possible les thèses et propositions dont elle est porteuse dans le Congrès du PS et à l’occasion de la
désignation du prochain premier secrétaire.
La contribution « Pour un socialisme écologique » (« PSE »), nouvelle venue dans le paysage, est
attachée à ce que ce congrès, dans la foulée de ce qui a été possible avec la refonte de la déclaration
de principes du PS, clarifie la ligne politique du parti. Il est logique dans ce contexte que les
signataires aient souhaité procéder à une analyse précise et la plus objective possible des
contributions générales, à la recherche des points de convergence et des points de divergence, sur la
base d’une méthodologie approfondie (cf. en annexe 1 la démarche suivie).
Il est important de noter que cet exercice d'évaluation n'entraîne aucune conséquence sur les
choix de dépôt de motion ou d'alliances qui seront faits collectivement au mois de septembre,
puisque l'objet même du débat entre les contributions est, dans les semaines à venir, d’enrichir la
réflexion et le contenu de telle ou telle future motion, même si la contribution initiale dont elles partent
est aujourd'hui éloignée de nos thèses.
Les principales conclusions de l’étude réalisée
Aucune contribution ne présente de très fortes convergences avec la
contribution PSE
En prenant la contribution du pôle écologique comme référentiel pour un bilan global, force est de
constater qu’aucune autre contribution ne présente de très fortes convergences. En effet aucune
contribution n'adresse au moins un tiers des critères de notre référentiel.
Les deux points importants, l’analyse du caractère majeur et structurant de la crise d’épuisement des
ressources non renouvelables, et la définition d’une ligne politique prioritaire, précise et novatrice,
faire face à la double urgence sociale et écologique, n’y figurent que de manière parcellaire, partielle
et non reliée à une démarche d’ensemble.
Réparties sur une échelle de A à G, 8 contributions atteignent le barreau
E témoignant de certaines convergences avec la contribution PSE
Ramené à une échelle visuelle inspirée du système de codification couleur de l’« étiquette énergie »
1
,
les contributions se répartiraient sur les barreaux E, F et G pendant que la contribution PSE serait au
barreau A.
1
Pour « l’étiquette énergie » les codes couleurs correspondent aux différentes « classe énergétiques »
auxquelles se rattachent chaque équipement électroménager (à l’origine). Dans l’usage dérivé que nous faisons
ici de ce dispositif de codification visuelle, chaque code correspond à une classe de convergence d’une
contribution avec la contribution PSE. La classe A correspond à une contribution très convergente, la classe G à
une contribution très faiblement convergente.
Sur une échelle de convergence de A à G,
les contributions sont cotées E, F, ou G
(cf graphique ci-dessus)
Si on se tient à ce bilan global, huit contributions comportent des éléments d’analyse et de
propositions suffisamment précises qui les rendent à ce stade un peu moins éloignées de la
démarche du pôle (à titre illustratif, elles seraient au barreau E). Par ordre croissant de numérotation,
il s’agit des contributions : 2 (Delanoë), 6 (Utopia), 7 (Fabius), 8 (Royal), 12 (Moscovici), 13 (Ligne
Claire), 15 (Fédération Meurthe et Moselle) et 16 (Lienemann).
Le groupe de travail remarque que, parmi cette sélection, la contribution 2 (Delanoe) promeut
explicitement « le développement de la filière nucléaire française » qui « doit se concevoir dans une
absolue exigence en terme de transparence, de sécurité et de démocratie. » Comme, dans le même
temps, cette contribution propose d’explorer les « pistes des économies d’énergie », la question du
changement de système énergétique tel qu’envisagé par ce texte reste à préciser.
Les 8 contributions cotées E prennent en compte les marqueurs du pôle
écologique et 5 d’entre elles sont « structurantes »
Le texte constitutif du pôle écologique comportait cinq marqueurs distinctifs :
une transformation radicale du modèle de développement : le développement durable doit
fonder l’action politique et économique (marqueur 1) ;
un changement de vision : passer de la croissance au développement (marqueur 2);
un nouveau système énergétique fondé sur la priorité absolue aux économies d’énergie, à la
promotion de l’efficacité énergétique et au développement massif des énergies renouvelables,
déconcentrées et décentralisées (marqueur 3);
la recherche et l’innovation stimulées par le principe de précaution (marqueur 4) ;
la préparation de l’après pétrole avec une fiscalité appropriée et cohérente intégrant
notamment une taxe carbone (marqueur 5).
En ne prenant en compte que la façon dont ces marqueurs sont traités, et si on se limite aux
contributions considérées comme les plus structurantes
2
, plusieurs groupes de contributions peuvent
être distinguées :
a) Contributions pour lesquelles les « marqueurs » du pôle écologique sont substantiellement pris
en compte :
o
(7) Fabius : marqueurs 3, 5, puis 1 et 2
o
(12) Moscovici – Montebourg : marqueurs 3, 1 et 2, puis 4
o
(13) La ligne claire : marqueurs 1 et 2, puis 3
b) Contributions pour lesquelles plusieurs « marqueurs » du pôle écologique sont effectivement
pris en compte: (2) Delanoe et (8) Royal
c) Contributions pour lesquelles les « marqueurs » du pôle écologique pris en compte le sont
« avec une réelle marge de progression » : (1) Hollande et (3) Aubry ;
d) Contributions pour lesquelles aucun marqueur du pôle écologique n’est effectivement pris en
compte, sinon de manière allusive : (1) Hamon-Emmanuelli.
Il importe de noter que 3 contributions « non structurantes » prennent en compte substantiellement les
marqueurs du pôle écologique : (6) Utopia, (15) Fédération de Meurthe et Moselle, (16) Marie-Noëlle
Lienemann (voir graphique en annexe 2).
3 marqueurs du pôle délimitent l’espace minimal de convergence
constaté
Les marqueurs les plus pris en compte par les contributions des groupes a et b ci-dessus sont :
le modèle de développement :
o
il est temps pour les socialistes de tirer toutes les conclusions sur les impasses du
modèle de croissance qui a démontré son incapacité à permettre une bonne
allocation des ressources et une bonne répartition des richesses créées. Les limites
de la capacité de portage de la planète et des écosystèmes sont atteintes ou en
passe de l’être
o
« Nous considérons que le développement durable doit fonder l’action politique et
économique ». Nous estimons qu’aucune de ses composantes, économique, sociale,
écologique, culturelle et démocratique, ne doit être négligée, contrairement à ce que
pratique le gouvernement de droite aujourd'hui. Elles ne doivent pas non plus être
juxtaposées, au risque de l’incohérence ou de l’impuissance. Elles doivent être
conduites en parfaite synergie.
le changement de vision (de la croissance au développement) :
o
Il est vain de porter le double combat de la justice sociale et environnementale si nous
n’acceptons pas d’abandonner nos œillères traditionnelles en matière d’économie et
de croissance. Il s’agit d’adopter l’objectif d’un nouveau mode de développement qui
2 « Les plus structurantes » signifie ici « les plus susceptibles de se transformer en motion et de drainer une
proportion significative du vote des militants (supérieure à 5% dans au moins 15 fédérations). L’appréciation
portée n’engage que le comité de lecture de la présente analyse.D’autres contributions présentent plusieurs
convergences (15 Fédération Meurthe et Moselle), (6 Utopia), (16 Lienemann), (17 Filoche) avec la contribution
PSE. La contribution 20 « Larrouturou » n’est pas prise en compte dans l’analyse (elle renvoie explicitement à la
contribution PSE …). La contribution 5 « Gorce » n’est pas prise en compte du fait de son caractère spécifique.
satisfasse les besoins de tous en permettant la régénération des écosystèmes. La
valeur d’usage, les circuits courts, le caractère recyclable des produits, le pouvoir
d’intervention des travailleurs et des citoyens sur leur mode de vie et de travail
doivent être privilégiés.
o
Ceci passe par une réinvention des régulations publiques, la conquête de nouveaux
droits, l’approfondissement de la démocratie, et la lutte contre les nouvelles formes
d’inégalités et de violence civiles et sociales. Il faut abandonner le fétichisme actuel
d’une croissance mesurée par un PIB qui n’incorpore aucune donnée relative à la
destruction des ressources naturelles, à la santé humaine et à la pauvreté. « La vraie
question n’est pas ce qu’on met dans nos comptes mais ce qui compte vraiment dans
nos vies ». Changer de vision facilitera la découverte d’autres chemins.
et la transition vers un nouveau système énergétique marqué d’abord par les économies et
l’efficacité énergétique :
o
En matière énergétique, notre société est aujourd’hui une société de gaspillage, au
rendement et à l’efficacité médiocre. La priorité du nouveau modèle de
développement doit être de concentrer les efforts sur la diminution de la
consommation d'énergie. Le nouveau système énergétique sera caractérisé par le
tryptique : sobriété, efficacité énergétique, énergies renouvelables.
o
Il essentiel de prendre, de manière simultanée, des dispositions à long terme
destinées à réorienter notre appareil productif ainsi que l’aménagement du territoire et
l'urbanisme de nos villes, et des mesures fortes à plus court terme permettant
d'obtenir des économies d'énergie dans le logement et les transports.
Ces trois thématiques constituent un espace de convergence constaté entre les contributions
concernées et la contribution « pour un socialisme écologique ».
Cet espace de convergence peut être considéré comme un espace minimal (optique du verre « à
moitié plein ») à partir duquel confirmer les premières convergences constatées et surtout, bien
entendu, aller plus loin.
La contribution PSE est disponible pour cela, avec les contributions « structurantes » comme avec
celles qui ne sont pas ici (très subjectivement) considérées comme telles.
*
Pour les signataires de la contribution « Pour un socialisme écologique », c'est donc le fond
qui le moment venu comptera : soit au moins une motion reprendra en compte de manière
satisfaisante les principaux points d'originalité de la contribution « pour un socialisme écologique », et
il sera logique de travailler avec elle(s) ; soit cela ne sera pas le cas, et le pôle écologique déposera
alors, avec d’autres, une motion soumise au vote des militants.
En tout état de cause, le pôle écologique continue à demander avec force qu’un vrai débat de fond
intervienne avec les militants, et est ouvert à la discussion avec toutes les autres contributions sur
cette base.
Il va de soi que le pôle écologique poursuivra son activité après le Congrès, quel qu’ait été son choix
au stade des motions et au moment du Congrès lui-même.
Annexe 1 : Une méthode d’analyse concertée
Un groupe de travail d’une vingtaine de volontaires
3
a été constitué, signataires de la contribution
du pôle écologique.
Celui-ci a disposé d’une première analyse lexicographique du texte des 20 contributions, cette
analyse ayant notamment mis en avant les thèmes croissance / environnement, énergie / pétrole,
agriculture, technologies, et « verts ». Une grille d’analyse des contributions a été élaborée à partir du
contenu de la contribution « Pour un socialisme écologique », constituée en référentiel pour une
analyse comparée du contenu des 20 autres contributions. Chaque contribution a été évaluée par
deux membres du groupe de travail. Cette grille comportait 3 séries de critères permettant
d’appréhender la manière dont chaque contribution prenait ou non en compte les thématiques de la
contribution « Pour un socialisme écologique » (« PSE ») :
1
ère
série : les crises et les thématiques prioritaires (12 critères), avec en particulier le
caractère majeur et structurant de la crise d’épuisement des ressources non renouvelables.
2
ème
série : les propositions de la contribution « PSE » (13 critères et 65 sous critères), avec
en particulier la ligne politique prioritaire, faire face à la double urgence sociale et écologique.
3
ème
série : les marqueurs distinctifs du pôle écologique tels qu’issus de son texte constitutif (5
critères) : une transformation radicale du modèle de développement : le développement
durable doit fonder l’action politique et économique ; un changement de vision : passer de la
croissance au développement ; un nouveau système énergétique fondé sur la priorité absolue
aux économies d’énergie, à la promotion de l’efficacité énergétique et au développement
massif des énergies renouvelables, déconcentrées et décentralisées ; la recherche et
l’innovation stimulées par le principe de précaution ; la préparation de l’après pétrole avec une
fiscalité appropriée et cohérente intégrant notamment une taxe carbone.
La grille d’analyse a permis de coter chaque contribution, sans pour autant qu’il s’agisse de leur
attribuer une « note ». Ceci aurait été réducteur et aurait nécessité un travail sur des textes
anonymes, ce qui était évidemment impossible.
L’analyse avait pour objectif de tamiser l’ensemble des contributions :
1
ère
étape : distinguer, le cas échéant, les contributions avec lesquelles une forte convergence
générale s’imposait de toute évidence ;
2
ème
étape : à défaut, et en réduisant, le niveau d’exigence, repérer les contributions avec
lesquelles des convergences possibles apparaissaient sur certains des thèmes de prédilection
de la contribution « PSE » et celles avec lesquelles de telles convergences n’apparaissaient
pas.
Les textes ont été analysés en tant que tels, pour ce qu’ils sont et sans prendre en compte des
éléments de contexte liés par exemple au passé des principaux signataires ou à l’exercice de leurs
fonctions exécutives présentes (tous n’étant pas en situation exécutive).
Un comité de lecture, composé d’animateurs du pôle, coauteurs de la contribution, a assuré le
traitement final des analyses et la rédaction de la synthèse
4
.
3
Parmi lesquels : Thierry Abrial, Héloïse Chaussinand, Sandrine Crouzet, Jérôme Goust, Géraud Guibert,
Stéphane Jeannot, Corisande Jover, Eric Loiselet, Dominique Py, Romain Rollant, Catherine Rollin et Maurice
Ronai.
4
La composante « société de la connaissance ouverte », caractéristique de la contribution PSE, a fait l’objet
d’une analyse qui sera publiée ultérieurement.
Annexe 2 : Mapping des contributions sur les classes E, F et G
5 des contributions en « classe E », sont
« structurantes »
E
F
G
Il se trouve que :
3 d’entre elles prennent significativement en compte une majorité de « marqueurs » du pôle
écologique :
o
(7) Fabius : marqueurs 3, 5, puis 1 et 2
o
(12) Moscovici – Montebourg : marqueurs 3, 1 et 2, puis 4
o
(13) La ligne claire : marqueurs 1 et 2, puis 3
et les 2 autres prennent effectivement en compte plusieurs de ces marqueurs, moins
significativement : (2) Delanoe et (8) Royal
Annexe 3 : Bref récapitulatif du traitement de la crise écologique
dans les principales contributions
Ce bref récapitulatif se limite, à titre indicatif, à indiquer la place que les contributions consacrent à la
crise écologique, la manière dont elles l’analysent et les principales propositions qu'elles font dans ce
domaine.
1) Dans la contribution Hollande, un chapitre est intitulé « comment mener solidairement la transition
énergétique ? ».
L'objectif est de hâter la transition d'un mode de développement vers un autre, en compensant les
conséquences sociales douloureuses pour le plus grand nombre.
Les principaux choix sont énumérés: développement des énergies renouvelables, modernisation
sécurisée de la filière nucléaire, incitation fiscale massive sur les économies annales d'énergie, le
transport collectif, les véhicules propres.
Un fonds de financement de la mutation énergétique doit prendre charge le soutien à aux efforts des
particuliers des entreprises dans ce domaine. Il serait alimenté par la taxe carbone et la taxe sur les
activités polluantes, sans précision supplémentaire.
Il est enfin indiqué il faut substituer au PIB des indicateurs de bien-être et que l'Europe doit aujourd'hui
fonder son modèle de développement sur les énergies renouvelables et le développement durable
2) Dans la contribution Delanoë, il est proposé un nouveau contrat social dans l'ère de l'innovation et
du développement durable.
Celui-ci intègre dans un sous-chapitre un nouveau modèle de développement. Partant de la
reconnaissance de l'ère de l'après pétrole et de la crise de la biodiversité, le texte met l'accent sur la
nécessité de mesures significatives. Il indique que la sous-traitance par les socialistes de la question
environnementale est révolue : le socialiste doit assumer sa double identité sociale et écologique, les
deux étant désormais étroitement imbriqués.
Il propose une action d'envergure dans le logement et les déplacements, ce qui peut contribuer à une
nouvelle croissance et non à la décroissance.
Il indique ne pas être partisan de la sortie du nucléaire, mais que le développement de la filière
nucléaire française doit se concevoir dans une absolue exigence en termes de transparence, de
sécurité et de démocratie. Il indique en revanche être partisan d'une diversification des sources
d'énergies renouvelables, alors qu'actuellement la part de ses énergies vers la consommation
nationale d'électricité diminue. Ceci suppose un plan d'investissement pluriannuel massif dans les
filières éoliennes et solaires.
Il propose pour les professionnels comme pour les particuliers des aides à l'investissement dans les
outils de travail et des moyens de transport plus économes et moins polluants.
Il indique que le parti socialiste devra proposer au PSE de faire de l'investissement dans le
développement durable un axe majeur de la campagne aux élections européennes de 2009.
Au sein de la partie internationale, le texte propose la création d'un impôt écologique européen, que
l'Europe agisse pour la création d’une ONU de l'environnement, et que l'OMC intègre les normes
sociales et écologiques internationales et que celles-ci deviennent contraignantes.
3) Dans la contribution Aubry, la conjugaison des questions sociales, économiques et écologiques est
abordée dans la deuxième partie « redonner un avenir à la France ».
Il est proposé de s'engager avec la plus grande détermination dans la voie du développement durable
et d'agir dans tous les domaines : se déplacer autrement, produire et construire durable, aménager
différemment le territoire, réduire les emballages et aller jusqu'au bout du recyclage des déchets,
favoriser l’agriculture biologique ou raisonnée.
Elle propose que la France se dote d'un plan climat digne de ce nom et qu’une fiscalité écologique soit
mise en place, « que nous voulons sociale dans son utilisation » et incitant aux comportements
vertueux.
Il indique que la première de nos ressources énergétiques est représentée par les économies
d'énergie. Les énergies renouvelables constituent un réel espoir également mais ne représentent
qu'une réponse partielle. S'agissant du nucléaire, le fonctionnement et le renouvellement de la filière
de notre pays doivent se faire en réduisant sa part qui est indéniablement trop élevée.
L'économie de l'environnement créera à court terme beaucoup plus de richesses et d'emplois que
celles liées à sa destruction.
Sur la croissance, le texte indique que l'accumulation de biens ne doit pas être une fin en soi de la
société, et que la croissance doit impérativement être rendue compatible avec la protection de
l'environnement. Il n’est pas favorable à la décroissance.
La partie internationale indique être favorable à une mondialisation des normes sociales et
environnementales.
4) Dans la contribution Fabius, le diagnostic sur la nouvelle donne mondiale intègre un
développement sur la crise énergétique sans précédent et indique qu'il y a urgence sociale dans
beaucoup de pays et urgences environnementales dans le monde.
Dans les lignes directrices, la deuxième sur le socialisme de la redistribution propose notamment de
créer une taxe sur les super profits pétroliers pour financer une allocation énergie. Le texte indique
qu'il faut à la fois préparer l’après pétrole, ce qui implique de ne pas masquer la hausse des prix, tout
en évitant ses conséquences sociales les plus graves. Il est ainsi proposé une allocation énergie pour
les ménages modestes et les classes moyennes les plus touchées à partir d'une taxe sur les super
profits pétroliers. Les employeurs seront encouragés à développer des solutions adaptées pour
réduire les coûts des trajets domicile travail.
La quatrième ligne directrice propose un socialisme de la préservation écologique par la prise en
compte de l'urgence environnementale. La croissance économique et l’impératif écologique
constituent un seul et même enjeu, au rebours de la marchandisation du vivant et de celle des biens
collectifs. Il est proposé :
- de redonner une place centrale au progrès en réconciliant la science et la société ;
- de faire le choix de la sobriété, de l'efficacité et de la diversification énergétique, avec une priorité
dans l'isolation des logements, de nouvelles infrastructures de transports propres, le développement
des énergies alternatives, un urbanisme à l'aménagement du territoire renouvelé. Pour y parvenir, il
est prévu notamment la mise en œuvre d’une fiscalité écologique, mêlant dispositions incitatives et
mesures dissuasives, instaurant une contribution énergies climat fixant un prix au carbone. Les
territoires gérés par les socialistes se doteront d'agendas 21 ;
- de proposer à nos partenaires une coopération européenne de l'énergie ;
- de refuser la dissémination des OGM et de promouvoir une nouvelle ambition pour l'agriculture ;
- de mettre en place des écluses écologiques pour inciter les entreprises et les pays producteurs les
moins écologiques.
5) Dans la contribution Royal, l'analyse du capitalisme fait état de la crise alimentaire et de la crise
écologique et climatique.
Dans la quatrième partie intitulée « bâtir un État préventif qui attaque les inégalités à la racine », une
partie s'intitule « bien vivre dans l'après pétrole ». Il y est proposé de:
- taxer les profits de Total et de prélever les rentes d'EDF et d’AREVA pour financer un fonds « après
pétrole », celui-ci ayant trois objectifs : créer un chèque énergie, subventionner les installations en
énergies renouvelables et financer les transports alternatifs propres ;
- calculer autrement la croissance ;
- mettre les principes de transparence et de démocratie participative au cœur des politiques
environnementales, à rebours de la loi sur les OGM ;
- repenser l'aménagement du territoire en imposant aux documents d'urbanisme de lutter contre
l'étalement urbain ;
- assurer l'isolation thermique des bâtiments et des logements publics et privés, avec une politique
d'incitation efficace.
Dans la partie internationale, il est notamment proposé d'introduire à l'organisation mondiale du
commerce une hiérarchie des normes qui équilibrent les règles commerciales par le respect des
normes sociales et environnementales.
6) Dans la contribution Hamon-Emmanuelli, l'après pétrole est abordé dans les propositions, dans la
sous-partie sur le libre-échange. Il y est indiqué que celui-ci constitue un enjeu environnemental et
industriel majeur nécessitant des investissements lourds et peu rentables à court terme, qui justifient
l'intervention publique.
La question est aussi abordée dans la sous-partie intitulée « réinventer les moyens de l'action
publique », en indiquant que le chantier crucial des énergies renouvelables, des nouveaux modes de
transport et de l'industrie écologique requiert un engagement massif de la puissance publique. Le
texte propose de bâtir un pôle public de l'énergie, d'aller vers un service public local de l’eau et de
développer des transports collectifs efficaces.
7) Dans la contribution Moscovici, le premier objectif que le congrès de Reims doit fixer et de définir
un nouveau modèle de développement. Il faut tirer les conclusions du modèle de croissance actuel,
car les limites de la capacité de portage de la planète et des écosystèmes sont atteintes ou en passe
de l’être.
Le développement durable est le seul principe de base responsable pour l'action politique
économique. Il impose de préparer l'avenir en résistant au primat du court terme et à la suprématie de
la logique du marché. La notion et la mesure même de la croissance doivent être enrichies pour faire
une place à la dimension qualitative.
La contribution propose que « la France mette en œuvre une nouvelle politique énergétique fondée,
dans l’ordre, sur les économies d’énergie, la promotion de l’efficacité énergétique et le développement
massif des énergies renouvelables, déconcentrées et décentralisées. Cette politique de recherche
systématique d’amélioration de l’efficacité énergétique du pays est la seule voie crédible pour traiter
sérieusement la crise climatique et apporter une vraie réponse à la crise du pétrole. »
Dans la deuxième partie sur le programme de travail pour les socialistes dans les deux années qui
viennent, la première grande orientation est « d'imaginer un modèle de croissance qui tienne
pleinement compte de la nouvelle donne écologique. Il faut rendre la croissance compatible avec
l'impératif écologique, en répondant à la question que nous posent les français : comment assurer la
satisfaction des besoins humains sans exposer les moins favorisés aux dommages de la crise
environnementale ? »
« Réduire les prélèvements sur les ressources non renouvelables comme sur les écosystèmes,
favoriser la restauration de leur capacité à se régénérer sont deux axes de la croissance durable, de
la croissance verte. Ils fondent l'espace pour conquérir de nouveaux droits sociaux et
environnementaux au bénéfice du plus grand nombre. »
« Ceci suppose davantage de transports collectifs, une aide à la restructuration des filières dépendant
du pétrole et d'une manière générale une remise à plat de toutes les politiques publiques conçues
pendant la période d'euphorie pétrolière. Il faut rompre avec l’idée selon laquelle la prise en compte
des impératifs environnementaux serait un frein à la croissance. Elle doit au contraire constituer un
facteur de développement par la mise au point de technologies de pointe plus propres et en réduisant
de manière drastique les prélèvements sur les ressources. »
« La société de la connaissance sera stimulée par le principe de précaution, ce qui exigera une
intensification de la recherche et de l'innovation au service du progrès humain. »
8) Dans la contribution « La Ligne Claire » Collomb-Guérini, la première partie, qui porte sur
l'apparition d'un monde nouveau, fait état de l'émergence de l'urgence écologique, où la question de
la vie devient majeure.
Le texte consacre une troisième partie entière intitulée « le moment écologique : un nouveau défi pour
l'humanité ». Celles-ci démontrent que l'épuisement des matières premières bouleverse la vie
quotidienne et que les prévisions démographiques amplifient ces phénomènes. La crise énergétique
et le réchauffement climatique doivent modifier notre rapport à l'espace, en particulier une meilleure
conception des villes, des déplacements et de l'habitat. Le développement des éco technologies est
indispensable.
Annexe 4 : Quelques citations sur la croissance et le mode de
développement
1) Hollande :
« Comment être plus fort dans la mondialisation ? Notre objectif doit être de faire un point de
croissance de plus que la moyenne européenne comme cela a été le cas entre 1997 et 2002 ».
« Il convient d’assurer la transition d’un mode de développement vers un autre »
« Changer de modèle de croissance exige de mesurer différemment les performances
économiques. Au PIB qui ignore tout des prélèvements sur l’environnement, il faut substituer des
indicateurs de bien-être comme l’Indice de Développement Humain. Il permettra de mesurer le
progrès réel en termes de qualité de vie et plus seulement de consommations marchandes. Il
modifiera l’ensemble des politiques publiques, mais aussi l’évaluation des résultats dans les
entreprises (bilan écologique, organisation du temps de travail…). »
2) Delanoë :
La priorité est celle de l’emploi, de la croissance et du développement durable, sans
lesquels toute ambition de progrès reste illusoire. »
« Il faut créer les conditions d’une croissance solide, pour relancer emploi et pouvoir d’achat.
« Les pistes d’économies d’énergies sont nombreuses et doivent être largement explorées :
réduction des gaspillages, éco-conception, réflexion sur les distances habitat/travail. Ne sous-
estimons pas le réel potentiel de création d’emplois (non délocalisables de surcroît) associé à cet
enjeu : habitat et déplacements mais aussi traitement des déchets ou tourisme écologique peuvent
contribuer à une nouvelle croissance. Les socialistes, en tout état de cause, ne sont pas adeptes de la
décroissance. »
« Le nouveau modèle de développement : il exige des actes et pas seulement des effets
d’annonce »
3) Aubry :
« Si nous pensons que l’accumulation de biens n’est pas une fin en soi de la société, et que la
croissance doit impérativement être rendue compatible avec la protection de l’environnement, nous
ne sommes pas pour autant des adeptes de la décroissance. Notre pays a besoin de croissance
pour faire baisser le chômage et pour améliorer les conditions de vie des Français. »
« Nous devons nous engager avec la plus grande détermination dans la voie du
développement durable »
4) Fabius :
« Certains ont longtemps prétendu qu’une croissance exponentielle infinie dans un monde
qui ne l’est pas était possible. Nous affirmons avec force que la croissance économique et l’impératif
écologique constituent un seul et même enjeu. »
« La gauche a une responsabilité historique, celle d’engager les changements qu’impose
l’urgence écologique. »
5) Royal :
« Il nous faut de toute urgence produire et consommer autrement pour garantir le
développement soutenable de notre pays. »
« Nous proposons de calculer autrement la croissance pour mieux évaluer les dommages ou
les bénéfices de certaines activités et agir juste. »
6) Moscovici :
« La modernité ne consiste pas à accepter le marché dans toutes ses imperfections, mais à
inventer un modèle de croissance qui intègre la justice sociale et la préservation de
l’environnement »
« Il faut imaginer un modèle de croissance qui tienne pleinement en compte la nouvelle
donne écologique. »
« Nous considérons, avec les socialistes européens, que le développement durable est le
seul principe de base responsable pour l’action politique et économique. »
« Nous voulons une croissance durable, une croissance verte »
« La révolution écologique oblige à une solidarité planétaire. Pour la première fois, l’impératif
environnemental prévaut sur la force des marchés : il va constituer un levier puissant pour imposer
par la voie de l'action politique des disciplines à cette économie suicidaire qui puise sans aucune
limite et sans aucun frein dans les ressources de la planète. Cette nouvelle donne écologique
renouvelle plus fondamentalement encore notre vision même des besoins humains. Aux antipodes
d’une approche purement matérialiste du bien être, nous accordons aux questions de santé, de
qualité de vie, de préservation des cadres naturels, une importance décisive. Nous croyons
nécessaire d’enrichir la notion et la mesure même de la croissance, pour faire une place à la
dimension qualitative, aux enjeux sanitaires et éducatifs, au développement des services à la
personne, à l’économie sociale et solidaire et à la sphère non marchande ».
7) Pôle écologique :
« La satisfaction légitime des besoins des moins aisés conduit à se préparer à consommer
moins ou autrement. La priorité du nouveau modèle de développement doit être de concentrer les
efforts sur la diminution de la consommation d’énergie. Nous proposons de ne plus évoquer la
croissance sans la relier à son contenu et à la manière de la mesurer. Il faut cesser l’accumulation
individuelle de biens, souvent d’ailleurs réservés à quelques-uns, et dont trop sont superflus ou
inutiles. Il faut stopper la course au « toujours plus » qui mène les gens à l’insatisfaction permanente
et revenir à l’essentiel. »
Deux nouveaux échantillons de sable viennt se rajouter à ma collection : l'un récolté sur les plages ensolleillées et envahies de touristes nord-européens, précisément à Creixell, Catalogne, Espagne : s'il n'a pas grand intérêt en soi, en comparaison de sables rapportés de lieux géographiquement ou géologiquement plus intéressants, il mérite sa place au milieu des autres de part le rôle touristique imposant que jouent les longues plages rectilignes de sable doré de la Costa Daurada. Rêvées pendant 10 mois par des milliers d'allemands, hollandais et autres belges ou français du nord (ces quatres nationalités sont les plus présentes sur les côtes catalanes), les vacances au bord de la mer en Espagne méditerranéenne représentent le paroxisme de ce qu'évoque le "tourisme de masse" : campings alignés entre la route et la plage (en omettant souvent à l'accueil de préciser qu'il y a aussi une voie ferrée sur laquelle des trains passent toutes les 10 minutes !), hôtels, restaurants où l'on mange "la fameuse" paëlla espagnole (lol), résidences de vacances qui se multiplient sur les hauteurs (les grues qui déchirent le ciel montrent que c'est pas fini), et hordes de familles, venues entre amis, déhambulant du lieu de villégiature à la plage, en passant par le supermarket et le bar, sacs de plage, serviettes parasols pelles et seaux dans les bras, enfants (et grands-parents souvent) suivant le groupe sous la chaleur d'un ciel sans nuage... Portrait porté sans jugement, ou en tous cas sans critique, ces vacances populaires sont anciennes dans cette région et ce type de tourisme est certainement plus enrichissant qu'une semaine passée en club... A préciser, notant l'évolution de la prise en compte de la qualité des services offerts (environnement, handicap, certification ISO !) dans les critères de choix de vacances, la description dela plage de Creixelle sur le site CostaDaurada.org :
Creixell presenta una magnífica platja de quasi 2 km amb tot tipus de serveis, a més de la certificació ISO 14001 en gestió ambiental, ha estat guardonada amb la distinció per l’accessibilitat a persones amb minusvalidesa, que atorga l’organisme Blue Flag (Bandera Blava), i el premi "Ecoplayas" per les platges netes i sostenibles.
A l'autre boût de la Méditerranée, mon ami Baptiste nous emmène sur l'île de Crète, au sud de la Grèce continentale. Autre décor, autre terrain, autre sable : plus grossier, melé de grains blonds et noirs, il est caractéristique des côtes méditerranéenne où la masse montagneuse formée à partir du Tertiaire se jette dans la mer, à l'instar des autres îles de la mer intérieure : Corse, Sardaigne, Sicile, pour les plus grandes. Le résultat est que l'on trouve sur les côtes méditerranéennes des matériaux allant du sable sombre et grossier aux plages de galets gris, directement issus de l'érosion de ces massifs alpins tombant dans l'eau, alternant avec de vastes étendues de sables fins et dorés, que l'on trouve le long des plaines littorales (Languedoc, Pô) et des bassins fluviaux (Ebre, Rhône) qui déversent leurs sédiments dans la mer ceux-ci étant ensuite déposés sur le littoral. La côte Sud (que je ne connais que très peu) offre un visage différent, surtout dans sa partie centrale et orientale.
L'été 2008 sera surement encore un des plus chauds de la planète, mais au Parti Socialiste on n'en a cure, c'est le temps de la guerre froide entre les écuries qui tentent de recueillir le plus de signatures sous leurs propres textes que (malheureusement) peu de militants lisent, discutent ou bien sûr co-écrivent...
L'automne 2008 sera tout aussi chaud, avec un à coup sûr un pic début novembre dans l'Est de la France ! L'on débattra avec délices et satisfaction des 3 ou 4 motions qui résulteront du marchandage des 21 contributions du moment. Capitalisme et libéralisme sauce mercato ont de beaux jours devant eux à gauche...
Dans ces contributions (que je n'ai évidemment pas toutes lues), il est souvent question des mêmes sempiternelles incantations, sous couvert des mêmes conflits entre les mêmes personnes, dans un combat qui n'a de politique que le mot, et pour à la fin obtenir les mêmes consensus qui ne font que reporter à une date encore inconnue les espoirs pour la gauche démocratique et socialiste de revenir au pouvoir en France (et en Europe).
Temps de travail, retraites, pouvoir d'achat, libertés individuelles et collectives, éducation... toutes ces questions (et les autres) sont évidemment essentielles, mais est-ce un ce congrès qui va donner un sens révolutionnaire à la pensée socialiste ?
La contribution "Pour un socialisme écologique" s'élève de ces faux débats et pose un certain nombre de VRAIES QUESTIONS dont les réponses (ou les non-réponses) porteront le sort de bien des conditions humaines dans ce siècle. Des questions dont les socialistes devraient se saisir réellement, travailler avec les sientifiques, les urbanistes et les économistes, les géographes et les aménageurs, les climatologues.
Cette contribution n'a rien de thématique, l'écologie politique doit être au coeur du projet socialiste. Car il s'agit de dire stop au capitalisme destructeur sans vision à plus d'une génération. Il s'agit de permettre et de défendre le droit à chacun d'entre nous, individuellement et collectivement, à la satisfaction de nos besoins tout en prenant en compte ceux de nos enfants. Il s'agit d'un projet de société tout entier que le parti socialiste doit proposer aux français (et non pas seulement aux militants), vaste, ambitieux, intégrant sous toutes ses facettes les impératifs liés au changement climatique, à la pollution et à la crise énergétique.
Avant le Pôle écologique, d'autres tels Al Gore, Nicolas Hulot, ont forcé le monde politique à ce débat : sans succès notoire à l'heure où la France n'engage toujours pas de grands travaux nécesaires de réhabilitation de logements, d'infrastructures ferroviaires de transport de marchandises, laisant aux collectivités le lourd effort à apporter en matière de gestion des déchats, de traitement de l'eau ou de transport en commun, et n'affichant pas, plus de 6 mois après le "Grenelle" de l'environnement, un réel investissement dans la production d'énergie renouvelable.
Le débat n'est plus de savoir si oui ou non le climat change, ni même qu'allons-nous devenir si nous ne faisons rien, mais comment doit-on construire ce nouveau modèle de société si l'on veut poursuivre notre mission d'y délivrer l'idéal socialiste, et permettre au plus grand nombre de vivre décemment dans un monde organisé, équilibré, juste et libre ?
J'ai décidé de boycotter la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin. Et oui, soyez sûrs que vous ne m'y verrez pas !!
Blague à part, comme je n'ai pas les moyens de ne pas y aller (...!), je manifeste comme je peux mon indignation face aux violences à l'encontre des tibétains. Je suis favorable à la liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes (même si cela peut se discuter ex au Kosovo), aussi je suis fervent partisan d'une large autonomie voire d'une indépendance du Tibet, pour peu que cette indépendance soit voulue, soit viable socialement et économiquement pour ses habitants (et là je n'ai pas assez d'éléments pour en juger). Mais surtout je regrette l'attitude de la Chine à s'entêter dans ses pratiques violentes (même si les tibétains le sont aussi, en particulier à l'encontre des chinois Hans, ce qui revient à faire de la discrimination sur critères ethniques et c'est grave), je regrette l'obstination du gouvernement chinois à considérer la question tibétaine comme "une affaire intérieure", la censure de l'information et surtout la désinformation dont sont victimes les chinois eux-mêmes, formatés par un discours qui les encourage aujourd'hui à boycotter la France par exemple ! On croit rêver...
Alors oui, je boycotterai la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin, car si les Jeux sont avant tout un rendez-vous sportif, c'est évidemment une tribune politique : elle doit d'ailleurs le rester, car cette tribune est utile et a été utile auparavant (on se souvient des JO de Mexico en 68 et du poing levé vers le ciel des deux athlètes noirs - 40 ans après, nous aurons peut-être un président noir aux Etats-Unis, ce n'est pas qu'une coïncidence...). Cette tribune politique doit être occupée lors des JO de Pékin également, et, puisque les jeux ont été attribués à la Chine, puisque ce pays accepte et souhaite être au centre du monde et sous l'oeil de toutes les caméras durant ces 3 semaines, qu'il comprenne et accepte aussi que c'est l'occasion pour le monde de se pencher un peu sur lui, dans ces innonmbrables aspects grandioses de ce pays-continent immense et à l'histoire si grande, au futur dejà mondial et à l'influence toujorus croissante, mais aussi sur ses travers, sa conception particulière de la démocratie, sa considération étrange du bonheur de son peuple, sa pollution démesurée, sa gueere économique sans pitité...
Le monde est une société, quand l'on y rentre, on y respecte ses règles.
Républicain je suis, respectueux des lois et en particulier celles qui régissent notre fonctionnement démocratique je suis et resterai. Mais je ne peux m'empêcher d'être scandalisé par l'interprétation que fait la Préfecture des Hauts-de-Seine en ce qui concerne Sébastien Scognamiglio, le candidat de la gauche aux cantonales de Boulogne-Billancourt Nord-est.
Il lui manque en effet 0.6 voix pour atteindre les fatidiques 10% des inscrits l'autorisant à se présenter au second tour !!! Comme chacun sait, l'électeur est un et indivisible... Y a t-il une "règle de l'arrondi" ?
Alors, la Préfecture n'aurait-elle pas pu avoir une autre interprétation de ce résultat ? Quel message envoie-t-elle aux jeunes (et aux autres) qui s'engagent en politique ? Cette décision tente-t-elle de redorer le blason de la politique dont on déplore la décrédibilisation ?
Ce "couac" que titre Le Parisien est purement scandaleux ! De plus, dans ce canton où l'on pratique le vote électronique, les Verts des Hauts-de-Seine dénoncent des irrégularités relevées au cours de la journée : panne d'électricité, un émargement en plus par rapport au comptage de la machine...
Coïncidence troublante, lorsqu'on sait que Sébastien Scognamiglio faisait aussi campagne contre le vote électronique...
Et je ne dénonce pas cela parce que Sébastien est un ami de Montpellier (de Lattes plus précisément). Je déplore la manière dont on écoeure les jeunes qui s'engegent en politique pour défendre leurs idées, je déplore le mépris de l'Etat pour les électeurs.
Pour conclure, je vous invite à lire sa profession de foi, à voter massivement pour lui dimanche prochain (le bulletin de vote est disponible ici), et à diffuser cet article autour de vous !
on Pollution sur l'étang de Berre