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Les petites tactiques internes priment encore une fois sur les grands idéaux au parti socialiste. 6 motions, dont 3 qui se contentent de cacher (à peine) les ambitions de personnes et dont le seul enjeu est le partage des postes dans les fédés, eu BN et au CN. Bon j'exagère, mais à peine.
Parti simple observateur de ce congrès, je me suis finalement engagé derrière la contribution "Pour un Socialisme Ecologique", qui a le mérite, pour la première fois au PS, de mettre l'urgence écologique au même niveau que l'urgence sociale, et surtout d'en faire un véritable projet de société, et non une simple contribution thématique, ou un sous-chapitre relégué en annexe.
Convaincu que la catastrophe écologique vers laquelle nous nous dirigeons tout droit nécessite de transformer radicalement nos modes de vie, de consommation, de déplacements, de production et d'utilisation de l'énergie, à l'échelle nationale mais bien évidemment européenne et mondiale, j'ai fini par adhérer également à la motion présentée par le même groupe qui a porté la contribution.
Cette motion (la B), intitulée "Pour un socialisme résolument écologique" (d'ailleurs le titre ne me plait pas tellement, il est presque réducteur face à l'ampleur des enjeux), n'est pas une motion de témoignage. Elle est une motion de conviction, une motion de combat politique. Elle n'est pas, en premier lieu, au contraire d'autres motions, portée par un leader socialiste (d'ailleurs, on parle de la motion truc ou machin, mais pour la notre on indique son titre, ou on parle de la motion "écolo" : tant mieux !).
Cette motion ne présente pas (encore ?) de candidat au poste de premier secrétaire : là encore, il s'agit de faire entrer dans les consciences collectives de tous, adhérents, responsables locaux, nationaux, élus, qu'il est urgent et indispensable de prendre la crise écologique comme structurante et aggravante des crises sociales que nous vivons actuellement. Elle n'a de motivation que de convaincre sur le fond. Et que cette situation, avec laquelle il faut désormais compter, instaure une nouvelle donne pour le projet des socialistes.
Je vous invite bien sûr à la lire. Bientôt un site de campagne sera mis en ligne. Je vous invite également (et surtout) à vous rendre et à vous inscrire sur le site de campagne
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Et, écrits à ma manière ici, quelques éléments forts
La réponse à apporter est simple : il faut transformer radicalement notre mode de développement. Remettre en cause la seule croissance comme critère de développement, enfin prendre en compte l'épuisement des ressources naturelles fossiles, préparer l'après-pétrole, ne pas sacrifier au seul nucléaire comme alternative, sans non plus être naïf devant les capacités limitées des énerghies renouvelables, investir massivement et durablement dans la recherche, l'innovation et le développement, concentrer les efforts toujours et encore dans l'éducation, le numérique, bâtir cette société de la connaissance indispensable à l'épanouissement et à l'émancipation de chacun.
Instaurer une fiscalité écologique permettra de remplir plusieurs objectifs : faire véritablement prendre conscience de l'importance de la crise énergétique et climatique (et économique), répercuter le coût des pollutions et de la dégradation des espaces "naturels", financer les réformes nécessaires à la transformation de notre société. La fameuse taxe carbone doit être la mesure centrale de cette nouvelle fiscalité.
Consommer autrement, et non plus consommer comme nous le faisons depuis 60 ans, doit être une priorité : il faut inciter à l'économie, stopper le gaspillage, avoir une nouvelle approche de la notion de propriété individuelle, orienter l'industrie vers la (re)fabrication de produits durables et non jetables, recycler encore et toujours plus.
Résoudre la crise au niveau mondial est une évidence : à quoi cela servirait-il que la France (voire même l'europe) soit exemplaire et ait pris toutes les mesures nécessaires au règlement de la crise ébnergétique et climatique, si le reste du monde ne suit pas ? Notre rôle de socialistes bien sûr, mais tout simplement de citoyens du monde, et, chance que nous avons encore, de citoyens membres d'un Etat influent sur la scène politique mondiale, nous oblige à défendre ce nouveau modèle de développement dans ces instances ; à en créer d'autres : une Organisation Mondiale de l'Environnement est nécessaire ; à renforcer les mécanismes et les instances de régulation ; à lutter contre le sous-développement des uns et le sur-développement anarchique d'autres.
Ce nouvel ordre mondial devra être le salut de l'Humanité. Pour éviter que nos lendemains déchantent, notre devoir, face à l'urgence sociale et écologique, est de changer la vie, ici et maintenant.
L'été 2008 sera surement encore un des plus chauds de la planète, mais au Parti Socialiste on n'en a cure, c'est le temps de la guerre froide entre les écuries qui tentent de recueillir le plus de signatures sous leurs propres textes que (malheureusement) peu de militants lisent, discutent ou bien sûr co-écrivent...
L'automne 2008 sera tout aussi chaud, avec un à coup sûr un pic début novembre dans l'Est de la France ! L'on débattra avec délices et satisfaction des 3 ou 4 motions qui résulteront du marchandage des 21 contributions du moment. Capitalisme et libéralisme sauce mercato ont de beaux jours devant eux à gauche...
Dans ces contributions (que je n'ai évidemment pas toutes lues), il est souvent question des mêmes sempiternelles incantations, sous couvert des mêmes conflits entre les mêmes personnes, dans un combat qui n'a de politique que le mot, et pour à la fin obtenir les mêmes consensus qui ne font que reporter à une date encore inconnue les espoirs pour la gauche démocratique et socialiste de revenir au pouvoir en France (et en Europe).
Temps de travail, retraites, pouvoir d'achat, libertés individuelles et collectives, éducation... toutes ces questions (et les autres) sont évidemment essentielles, mais est-ce un ce congrès qui va donner un sens révolutionnaire à la pensée socialiste ?
La contribution "Pour un socialisme écologique" s'élève de ces faux débats et pose un certain nombre de VRAIES QUESTIONS dont les réponses (ou les non-réponses) porteront le sort de bien des conditions humaines dans ce siècle. Des questions dont les socialistes devraient se saisir réellement, travailler avec les sientifiques, les urbanistes et les économistes, les géographes et les aménageurs, les climatologues.
Cette contribution n'a rien de thématique, l'écologie politique doit être au coeur du projet socialiste. Car il s'agit de dire stop au capitalisme destructeur sans vision à plus d'une génération. Il s'agit de permettre et de défendre le droit à chacun d'entre nous, individuellement et collectivement, à la satisfaction de nos besoins tout en prenant en compte ceux de nos enfants. Il s'agit d'un projet de société tout entier que le parti socialiste doit proposer aux français (et non pas seulement aux militants), vaste, ambitieux, intégrant sous toutes ses facettes les impératifs liés au changement climatique, à la pollution et à la crise énergétique.
Avant le Pôle écologique, d'autres tels Al Gore, Nicolas Hulot, ont forcé le monde politique à ce débat : sans succès notoire à l'heure où la France n'engage toujours pas de grands travaux nécesaires de réhabilitation de logements, d'infrastructures ferroviaires de transport de marchandises, laisant aux collectivités le lourd effort à apporter en matière de gestion des déchats, de traitement de l'eau ou de transport en commun, et n'affichant pas, plus de 6 mois après le "Grenelle" de l'environnement, un réel investissement dans la production d'énergie renouvelable.
Le débat n'est plus de savoir si oui ou non le climat change, ni même qu'allons-nous devenir si nous ne faisons rien, mais comment doit-on construire ce nouveau modèle de société si l'on veut poursuivre notre mission d'y délivrer l'idéal socialiste, et permettre au plus grand nombre de vivre décemment dans un monde organisé, équilibré, juste et libre ?